Arriver à la quarantaine ou à la cinquantaine ne signifie pas forcément des kilos en plus.

Dans une étude sur 20 ans, environ 10% des participants, ceux qui ont toujours eu des niveaux d’activité physique relativement élevés, ont pratiquement conservé leur poids pendant leurs années de jeunes adultes jusqu’à la quarantaine, expliquent les chercheurs.

En commençant jeune, les gens peuvent réduire leur risque d’accumuler les kilos arrivés à 40 ou 50 ans, « lorsque le risque de prendre du poids est le plus élevé » disent les chercheurs.

Les résultats de cette étude d’Arlene Hankinson, publiée dans le Journal of the American Medical Association (JAMA) [1], montrent les bénéfices à long terme d’une activité physique régulière pour freiner la prise de poids plus tard dans la vie.

Taille et poids

Les chercheurs ont découvert que les gens très actifs avaient pris le moins de poids durant l’étude sur vingt ans. Les hommes qui étaient les moins actifs étaient plus lourds d’environ 3 kg à la fin de l’étude en moyenne que ceux qui étaient les plus actifs.

Chez les femmes, les effets d’une activité physique durable étaient encore plus prononcés, avec environ 6 kg de différence de poids de corps entre les femmes les plus actives et les moins actives.

Dans une comparaison séparée de l’indice de masse corporelle (IMC) entre les sujets les plus actifs (définis ici comme étant ceux qui font environ 150 minutes de sport par semaine) et les moins actifs, Hankinson a trouvé que l’IMC avait augmenté de 0,15 chez les hommes actifs, tandis que l’IMC des hommes les moins actifs avait augmenté de 0,20 pendant la durée de l’étude. L’IMC des femmes moins actives avait augmenté deux fois plus que les femmes les plus actives.

Des recherches antérieures avaient montré que cela pourrait ne pas toujours être le cas. Une étude de I-Min Lee, de l’Hôpital de Boston publiée dans le JAMA [2] avait montré une relation proche entre l’IMC et l’impact du sport sur le poids de corps. Dans un échantillon de plus de 34000 femmes, Lee et son équipe ont découvert que les femmes en surpoids ne bénéficiaient pas autant d’une activité physique élevée que celles avec un IMC normal.

Hankinson et ses collègues ont regardé les changements d’IMC et de circonférence de la taille chez 3554 hommes et femmes âgés entre 18 et 30 ans au début de l’étude.

Les mesures initiales avaient été prises en 1985, puis six fois sur une durée de 20 ans. Au début de l’étude, le niveau de forme physique général des participants a aussi été testé sur un tapis de course. Trois fois pendant l’étude, les chercheurs ont interrogé les participants sur leur régime alimentaire.

Lors de ces six durées intermédiaires, les chercheurs ont donné aux participants un questionnaire pour évaluer le type d’activité (comme les sports, l’exercice et les travaux domestiques) qu’ils faisaient, tout comme la quantité d’activité par semaine. La taille, le poids et le tour de taille de chacun(e) ont aussi été enregistrés.

Bien que tous les participants aient pris du poids sur la durée de l’étude, les scientifiques ont trouvé que les individus les plus actifs avaient pris le moins de poids.

Combien en faut-il ?

Il est intéressant de noter qu’Hankinson a découvert que le tiers inférieur des participants de l’étude, ceux qui faisaient de l’activité physique modérément, n’avaient pas récolté plus de bénéfices que ceux qui avaient rapporté les niveaux d’activité les plus faibles. Les chercheurs ont découvert que la quantité de poids pris était identique dans ces deux groupes, quelque-soit le sexe, les niveaux d’instruction, la race et d’autres facteurs de style de vie comme la consommation d’alcool.

Quantifier la quantité d’exercice suffisant est difficile à établir, disent les chercheurs. Car cette étude indique qu’au moins 30 minutes d’activité par jour est une quantité bénéfique.

Le scientifique fait aussi remarquer que tous les sujets de son étude, quelque soit leurs niveaux d’activité, avaient pris du poids pendant la durée de l’étude. Les influences sociales et un déclin naturel du taux métabolique dû à l’âge pourraient faire qu’il est impossible, chez un individu de quarante ou cinquante ans, de conserver exactement la même taille de jean qu’il/elle portait plusieurs décennies plus tôt.

Néanmoins, certaines personnes peuvent s’en approcher.

« La chose la plus importante est de trouver les activités sportives qui vous plaisent, et que vous pouvez faire, pour ainsi que cela dure sur des années » conclut le chercheur. « Car maintenir une activité physique est le plus important. »

Références :

[1] Maintaining a High Physical Activity Level Over 20 Years and Weight Gain. Journal of the American Medical Association, 2010 ;304(23):2603-2610.

[2] Physical Activity and Weight Gain Prevention. JAMA. 2010 ;303(12):1173-1179.

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